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ntaigu pour tous
ASSEMBLEE GENERALE DU 02 FEVRIER 2011-02-25
Le quorum est atteint : 11 présents sur 20 adhérents
Bilan financier 2010 :
Solde au 1er janvier 2010 : 901.10 €
Recettes : 189.75 € cotisations
600.00 € subventions
Total : 789.75 € + solde 2010 : 901.10 = 1690.85 €
Dépenses : 537.75 €
Solde : 1 153.10 €
Achat prévu pour 2011 : un ordinateur
Actions Montalyre :
Il n’y a pas eu d’actions ponctuelles en 2010
Les lectures à l’école primaire Des Jardins ainsi qu’à la maison de retraite se sont poursuivies tout au long de l’année. Cependant nous tenons à rappeler que nous avons peu de lecteurs, c’est pourquoi, nous sollicitons l’arrivée de nouveaux lecteurs pour que puisse ainsi pérenniser cette activité, chère au cœur des enfants et des personnes âgées.
Concernant la grande migration, qui consiste à laisser des livres (librios) dans différents endroits avec les coordonnées de l’association en espérant savoir ainsi où ils voyagent, nous avons eu peu de retour cette année.
L’atelier de convivialité auquel participent différentes associations, notamment Montalyre, se déroule une fois par mois. Il consiste en l’accueil de femmes étrangères pour ainsi discuter des différentes coutumes de leur pays d’origine et d’échanger sur différents sujets.
Alphabétisation : une convention avec Antenna (organisme de formation) permet à Montalyre de leur venir en soutien pour aider les personnes étrangères à mieux maîtriser la langue française. Ces séances d’alphabétisation ont lieu 2 fois par semaine. Cependant, il existe des conditions particulières pour que ces personnes puissent bénéficier de cette formation, elles doivent être demandeurs d’emploi. Beaucoup d’étrangers sur Montaigu ne peuvent donc pas être pris en charge par Antenna, c’est pourquoi un groupe se penche sur un apprentissage de français de base. « Echange et solidarité » prendrait en charge le collectif et donc l’alphabétisation et Montalyre aiderait à la location de la salle.
Montalyre a eu contact avec l’association d’assistantes maternelles « les p’tits loupiots ». Celles-ci souhaitent organiser des lectures, deux fois par semaine, à des enfants de moins de 3 ans. Pour réaliser cette action, Montalyre a besoin de bénévoles.
La soirée slam : nous allons contacter Jean Michel Adam afin de voir avec lui s’il est possible de réorganiser une nouvelle soirée slam suite au succès de celle de 2009. Reste à réfléchir sur le jour de la semaine qui serait le plus propice à cette soirée, sachant que les étudiants sur Montaigu regagnent leur domicile le vendredi soir.
Actions suspendues :
Lors de cette assemblée, ont été élus à l’unanimité :
INFORMATION DE DERNIERE MINUTE : SOIREE SLAM LE 19 MAI 2011 A 20H30 (LIEU A DETERMINER) !!!!
Présents : Bernard Pelletier, Denise Michardière, Claude Ventroux, Christelle Lebrun, Simone Soulard, Christine Adam et Marie-Pierre Blanchet-Picaud
Excusés : Marie-France Sénard
Ordre du jour :
Nouvelle du jour :
Marie-Pierre a annoncé qu’elle souhaitait démissionner du bureau de Montalyre afin de pouvoir se consacrer à d’autres activités.
L’atelier conte dans les écoles :
Bernard a planifié les ateliers contes à l’école des jardins l’atelier commence le 14 septembre avec Bernard et Monique. Il y a déjà une quinzaine d’enfants inscrits !
Le directeur de l’école Jules Verne recevra Bernard, Claude et Christine et un membre de l’association Lire et faire lire jeudi 9 septembre (Marie-Pierre demande à être excusée : elle a une réunion au collège et ne pourra être présente).
Les principes à conserver : le plaisir de l’élève, son volontariat le plaisir des conteurs : ce n’est pas une garderie ; le nombre d’élèves : au maximum 10.
L’association tient à conserver son caractère de bénévolat et ne tient pas à intervenir dans un cadre professionnel par manque de moyen.
Christine et Claude diront dans quelles conditions ils souhaitent réaliser leur atelier. Il faut que l’atelier reste dans une ambiance détendue.
Atelier de convivialité :
Le dernier atelier s’est déroulé le 23 juin. Il y a eu un goûter derrière les Eglantines, et il y a eu des jeux africains et partage autour de gâteaux. Il y a eu annonce de l’annonce de la naissance d’un petit Mehdi à qui on souhaite longue et heureuse vie.
Le prochain atelier sera le jeudi 30 septembre à la salle de l’Egault. Beaucoup d’échanges en perspective autour des nouvelles de l’été…
Atelier d’alphabétisation à Antenna :
L'été est presque terminé, et nous vous espérons en pleine forme pour redémarrer les activités.
Nathalie Vieux ne sera pas formatrice à Montaigu cette année, elle a d'autres responsabilités au sein
d'Antenna.
C'est Nathalie Guillas qui revient, elle a contacté Marie France pour informer les bénévoles de Montalyre.
Les cours reprennent le lundi 13 septembre, puis le vendredi 17
septembre aux heures et lieux habituels. Elle compte sur nous.
Elle a prévu une réunion pour tous les bénévoles qui travaillent avec
elle, VENDREDI 10 septembre de 14h à 15h aux HERBIERS au siège d'ANTENNA.
Pour le groupe de Montaigu nous proposons du covoiturage à 13h30 place
de la mairie à Montaigu.
Simone et Marie-France
La subvention de la mairie :
La subvention de 600 euros est arrivée sur le compte de Montalyre.
Rappel à tous les bénévoles de Montalyre : il est obligatoire d’être adhérent et de payer sa cotisation chaque année pour se présenter comme bénévole de l’association.
Le prochain conseil d’administration aura lieu le vendredi 22 octobre 2010 à 20 heures
chez Marie-Pierre
Présents : Bernard Pelletier, Denise Michardière, Claude Ventroux, , et Marie-Pierre Blanchet-Picaud,
Excusés : Marie-France Sénard, Simone Soulard et Christelle Lebrun.
Ordre du jour :
L’atelier conte dans les écoles :
Il y avait 18 enfants à l’école des jardins pour assister à l’atelier conte en CP. Un atelier plein de succès…
Atelier de convivialité :
Peu de personnes et uniquement des Africaines qui ont proposé un jeu africain. Une sortie est prévue à la Chevèrière.
Atelier d’alphabétisation à Antenna :
Denise et Marie-Madeleine sont allées à l’assemblée générale d’Antenna. Il y a une inquiétude au sujet des ateliers d’alphabétisation envers les étrangers l’état n’envisageant plus de donner des subventions pour cette tâche. Des subventions existent données par la région et par les collectivités locales. Le bureau de Montalyre tient à renouveler son soutien à Antenna pour poursuivre sa mission d’alphabétisation. M. Cravic, directeur d’Antenna envisage d’organiser un temps de formation avec les bénévoles des Herbiers et ceux de Montalyre. A suivre…
La grande migration 2010 :
Qui se charge de la sélection des livres ? Denise sélection et achat des livres avec Bernard. Date ? Mercredi 9 juin lâcher de livres chez Marie-Pierre à 10 heures. On achète pour 300,00 euros c’est à dire 150 livres à deux euros. Communication avec les journalistes ? Bernard appelle Christian Liard. Marie-Pierre 150 affichettes à coller le mercredi matin ? Les membres du bureau disponibles se rendent chez Marie-Pierre pour la distribution.
La liste des membres du conseil d’administration
est envoyée par Denise à la préfecture.
Rappel à tous les bénévoles de Montalyre : il est obligatoire d’être adhérent et de payer sa cotisation chaque année pour se présenter comme bénévole de l’association.
Le prochain conseil d’administration aura lieu le mercredi 8 septembre 2010
à 20 heures 30 salle Ratouit
Personne excusée : M. Duwoye, Directeur de l’Hôpital de Montaigu
Dix personnes étant présentes l’Assemblée Générale a été ouverte car représentant plus du quart des adhérents de l’association.
Bilan moral de l’association présenté par Marie-Pierre Blanchet-Picaud, présidente de Montalyre et les différents responsables des ateliers de l’association :
Merci à tous ceux qui ont fait l’effort d’être présents ce soir : une association ne vit que par l’engagement de ses adhérents et leur présence le jour de l’Assemblée Générale est importante. En regardant le nombre des adhérents on voit cependant qu’il y a une baisse de leur nombre : de 25 en 2008 nous sommes passés à 20 en 2009 et le fait que certaines activités risquent de disparaître comme l’atelier d’écriture et le concours d’écriture laissent augurer que cette baisse va encore s’accentuer. L’engagement des membres du bureau a été important et mérite d’être signalé car c’est grâce à lui que les actions ponctuelles existent et que la vie de l’association est effective. Que dire sur le fait qu’il serait important que celui-ci se renouvelle et que de nouvelles volontés viennent dynamiser l’association ? Cela hélas reste un vœu pieux étant donné le manque de candidats décidés à prendre le relais. Il serait néanmoins dommageable que les bénévoles ne puissent pas continuer à s’engager dans les différentes actions de l’association et priver les publics les plus fragiles : enfants, patients à l’hôpital ou à la maison de retraite Mon Repos ou encore personnes prenant des cours d’alphabétisation de leur engagement associatif. Ces initiatives sont modestes mais réelles. Aussi, pour préserver celles-ci il est important de maintenir la vie de notre association. Afin de ne pas user la bonne volonté des membres du bureau, ceux-ci se limiteront à assurer le fonctionnement des ateliers et ne feront pas d’actions qui nécessitent beaucoup de temps de préparation dans l’année à venir en espérant que de nouvelles bonnes volontés se présentent pour prendre à leur tour le flambeau !
Rappel de l’objectif de l’association loi de 1901 : faire vivre un projet culturel pour tous notamment en matière de lecture sur le secteur de Montaigu.
Heures du conte dans les écoles publiques Des Jardins et Jules Verne présentées par Bernard Pelletier : 4 lecteurs à raison de deux lecteurs par école proposent des heures du conte pour les élèves du CP au CM2. Ces lectures ont pour objectif de faire connaître les contes du répertoire traditionnel aux enfants et de partager des moments autour de la lecture. Rappel que le nombre des lecteurs s’est érodé au fil des ans et qu’il serait important de renouveler ce vivier. En effet, pour que ces ateliers puissent se dérouler il est obligatoire qu’il y ait deux lecteurs minimum. Sinon un temps très apprécié par les enfants et par les conteurs. Il a été évoqué la possibilité de contacter les membres de la FOL qui seront présents au printemps du livre. Une rencontre avait eu lieu il y a quelques années et avait été intéressante autour d’échanges de pratique et d’idées pour ces ateliers.
Atelier de lecture à la maison de retraite Mon Repos présenté par Claude Ventroux : deux lecteurs se relaient (l’un avec moins de succès que l’autre à cause de difficultés de communication avec les auditeurs). Claude tient à dire son attachement à cet atelier où il peut avoir jusqu’à quatorze personnes qui viennent pour l’écouter et y participer. C’est un moment d’échanges vivants et attendu par les auditeurs de la maison de retraite.
Atelier de lecture à l’hôpital de Montaigu présenté par Michèle Pointecouteau : 4 lectrices dans trois services différents. A la maison de retraite de l’hôpital avec Michelle Pointecouteau. Le public est un public particulier avec des parcours de vie difficile. Il n’est pas toujours facile de trouver les textes qui plairont à tous les auditeurs mais c’est un temps et une expérience intéressante. Le nombre d’auditeurs est très variable. En long séjour, Denise Michardière fait de la lecture dans une chambre depuis plusieurs années déjà. Et en soins de suite, Chloé Liard est venue renforcer l’atelier de lecture de Marie-Pierre Blanchet. Le nombre d’auditeurs est variable et les contes du bocage sont une valeur sûre : nouvelles assez courtes et se référant à un passé qui peut être source d’échanges. Cet hiver les ateliers se sont interrompus durant la période de risque de grippe A le port du masque étant peu propices aux échanges et à la lecture.
Lâcher de livres au printemps : événement attendu par la population qui nous fait part de son plaisir de trouver des livres dans les divers lieux publics où ils sont semés et bon accueil des personnes responsables des lieux où se déroulent ce lâcher de livres. Importance de l’idée que les livres et la culture doivent être libres de circuler et plaisir de participer à cet événement.
Organisation du concours de nouvelles dont le thème était : « C’est cuit » cette année : une participation équivalente à celle de l’an dernier avec un prix spécial décerné aux jeunes car une classe de 2nde du Lycée Léonard de Vinci a participé au concours. Le concours a été réalisé sous la présidence Pierre Bordage et sous la coordination de Blandine Liard. Des membres de l’atelier d’écriture et du bureau ont constitué le jury. Temps très fort et très riche autour du plaisir de l’écriture. Cependant, il n’y a pas eu de volonté de reconduire le concours l’année prochaine.
L’atelier d’écriture : a été reconduit cette année mais risque de ne pas être reconduit faute de participants (plus que quatre participants pour diverses raisons) l’année prochaine.
Participation à la lutte contre l’illettrisme et pour l’alphabétisation en bénévolat et soutien au sein de l’association Antenna présentée par Simone Soulard : 8 bénévoles de Montalyre participent à ces ateliers notamment pour aider les étrangers en formation sous la responsabilité de l’animatrice d’Antenna. Des projets de formation et de rencontres ont été proposés par M. Cravic, directeur d’Antenna afin de soutenir les bénévoles dans l’aide qu’elles apportent aux stagiaires et de leur permettre d’échanger sur leur expérience.
Participation au collectif d’associations pour les ateliers de convivialité présentée par Simone Soulard : ces ateliers ont lieu tous les mois et permettent à des femmes d’origine étrangère de pouvoir se rencontrer et échanger soit autour de thème soit en discussion libre autour de leurs préoccupations du moment. Ces ateliers sont des lieux de sociabilité importants pour les femmes notamment lorsqu’elles n’ont pas de travail et ne sont pas intégrées dans des réseaux sociaux. Ils sont le lieu d’échanges de saveurs et de savoir-faire qui ouvrent sur différentes cultures et permettent aux femmes de s’exprimer dans leur langue d’accueil et d’échanger sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées.
La bourse d’échanges de romans policiers et de romans de science-fiction : François Braud nous a fait l’amitié de venir dédicacer ses romans lors de cette journée. Un bilan mitigé : une journée sympathique et conviviale avec les personnes de Montalyre et les sympathisants qui nous ont fait l’amitié de passer mais peu de personnes hors de ce cercle. Cela est sûrement dû à une communication insuffisante : voir les réseaux internet pour ce type de journée et un affichage en entrée de ville et dans les communes environnantes une prochaine fois pour qu’il y ait plus de monde…
La soirée Slam : a été un des points d’orgue de cette année écoulée avec la participation de quatre slameurs talentueux qui ont conquis le public du Noctambule. Une soirée éblouissante où chacun avec leur personnalité et leur sensibilité a animé la soirée avec des textes d’une très grande qualité. Soirée à renouveler plutôt un mardi ou un mercredi soir afin que plus de jeunes puissent en bénéficier…
Bilan moral soumis au vote et voté par les participants à l’Assemblée Générale à l’unanimité.
Bilan financier présenté par Denise Michardière, Trésorière de Montalyre.
Solde au 1er janvier 2010
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Recettes |
Dépenses |
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Solde 31 décembre : Subvention : |
900,00 euros 600,00 |
Informatique cartouche Fournitures bureau Affranchissement Assurance Réceptions Soirée Slam Fonds livres Prix concours de nouvelles Prix concours Lycéens Lâcher de livres |
110,00 euros 100,00 20,00 92,00 100,00 500,00 150,00 250,00 50,00 300,00 |
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Cotisations |
172,00 euros |
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Total : |
1 672,00 euros |
Total : |
1 672,00 |
Le bilan financier a été soumis au vote et voté par l’Assemblée Générale à l’unanimité.
Le prix des cotisations est reconduit à l’unanimité par l’Assemblée générale : 4 euros mi-tarif, 8 euros tarif plein et 12 euros tarif couple, plus une participation symbolique pour toutes les personnes ayant droit aux minima sociaux.
Personnes se présentant pour participer au bureau :
Denise Michardière, Bernard Pelletier, Claude Ventroux, Marie-France Sénard, Simone Soulard, Christelle Lebrun et Marie-Pierre Blanchet-Picaud.
Liste acceptée par vote à l’unanimité par l’assemblée générale.
Le premier Conseil d’administration aura lieu le mercredi 7 avril 2010.
Présents : Bernard Pelletier, Denise Michardière, Christelle Lebrun, Claude Ventroux, Simone Soulard, et Marie-Pierre Blanchet-Picaud,
Excusés : Marie-France Sénard
Ordre du jour :
L’atelier conte dans les écoles :
Monique ne peut pas assurer les ateliers pendant trois semaines. Claude s’est proposé pour faire les ateliers avec Bernard pendant cette période. Christelle reprendra si elle est disponible après les vacances de février, les heures du conte. De nouveaux lecteurs seraient les bienvenus…
Atelier de convivialité :
Il aura lieu le jeudi 21 janvier. Des gâteaux sont prévus…
Atelier d’alphabétisation à Antenna :
Le rendez-vous a eu lieu le mercredi 13 janvier avec Simone, Denise et Marie-Pierre et Yves Cravic, le directeur d’Antenna et Nathalie Vieux, animatrice d’Antenna. Un compte-rendu a été communiqué par Marie-Pierre à M. Cravic et sera envoyé à tous les membres de l’atelier alphabétisation de Montalyre dès que possible. La réunion a été fructueuse. Des aménagements concrets dans l’organisation seront mis en place.
Atelier à l’hôpital et à la maison de retraite de l’hôpital :
Il a été convenu que nous arrêtions les ateliers de lecture tant que dure la pandémie grippale, les ateliers de lecture avec un masque étant peu conviviaux.
Concours de nouvelles « C’est cuit » :
La remise des prix a eu lieu à la salle des Rochettes le samedi 5 décembre à 10 heures 30. Pierre Bordage, président du jury du concours pour la troisième année consécutive était là, ainsi que les membres du jury pour lesquels ce temps reste un moment de bonne humeur et d’échanges autour de l’écriture. Les participants au concours, primés ou non, nous ont fait l’amitié de venir et ce fut l’instant de rencontres conviviales et riches. Merci à tous les participants qui ont rendu ces instants possibles. Christelle s’est chargée de mettre les nouvelles sur le blog.
Préparation du dossier de subvention :
Denise et Bernard ont préparé le dossier de demande de subvention et le bilan comptable. Le bilan moral est réalisé par Marie-Pierre. Le dossier a été remis en temps et heure à la mairie de Montaigu. Cette année, compte-tenu des finances positives de l’association, nous avons demandé une subvention de 600 euros (au lieu de 800 les années précédentes).
Préparation de l’assemblée générale :
fixer une date : le vendredi 5 mars réservation de la salle Bernard se charge de la réservation de la salle pour que les invitations puissent être lancés quinze jours avant le 5 mars
envoyer les convocations (15 jours à l’avance)
réaliser les cartes adhérents 2010 Bernard s’en charge (prévoir une trentaine de cartes).
déterminer les projets 2010 et la stratégie de l’année à venir
réaliser les bulletins d’adhésion Marie-Pierre s’en charge + téléphone à Christian Liard correspondant de Ouest-France
organisation du pot de l’amitié par Claude : boisson et gâteaux
L’assemblée générale de Montalyre aura lieu le vendredi 5 mars 2010
à 20 heures salle des Rochettes
Le scarabée.
Il se relève sur un coude. Il fixe longuement le scarabée qui crapahute vers sa main. L’insecte disparaît de son champ de vision mais lui, il reste inerte, comme s’il était cloué, comme un gros coléoptère. Il a la nausée, il essaie de déglutir. Alors, il se souvient : sa tante est passée ce matin, elle est pour quelques jours dans son mas. Elle avait essayé de le prendre chez elle il y a quelque temps, mais il n’avait pas voulu. Il a entendu ses pas et il s’est assis.
– Je t’ai réveillé ?
Il a pas répondu. Elle voyait pas qu’il était sur son matelas pourri, sous cet auvent de merde derrière chez son oncle parce que ses parents veulent plus de lui dans leur baraque à l’autre extrémité de la pelouse ? Son flanc droit est ankylosé. C’est la galère ! Il a les boules, putain ! Il maltraite les articulations de ses doigts pour mieux réfléchir puis il promène ses paluches sales autour de la paillasse, sur le béton granulaire imprégné de poussière grasse et trouve sa montre. C’était il y a une heure. Il a dû se rendormir après son départ. Il caresse de ses doigts là où elle a posé les siens, sur sa main. Ça lui donne de l’espoir mais elle aurait pu comprendre qu’il fallait pas qu’elle débarque ici, bordel ! Il secoue ses jambes dans le sac de couchage qui résiste, qui finit par le lâcher.
– Tu passes quand tu veux, je suis là en vacances !
Il ricane. Si elle apprenait que l’autre nuit il a essayé de s’introduire chez elle ! Il en est pas vraiment fier mais en fait il avait plus de fric et puis il commençait à se les geler à roupiller à la belle. Elle ne venait qu’à dates fixes, avec tous ses enfants. Quels veinards, pas besoin de taxer des tunes, eux. Il regarde ses ongles noirs. Ces cousins ont dû le voir débarquer quand il est arrivé avec sa mère, il avait deux ans, paraît-il. Le mec l’a tout de suite adopté officiellement, fallait qu’il en pince pour sa gonzesse ! Pourquoi, alors, ils l’ont pas laissé grandir avec la vérité ? Maintenant, ça fait deux ans qu’il sait qu’il est un bâtard de sa mère. Il a perdu encore un morceau de sa carapace, une aile de plus de son insouciance, de sa connerie. Il se lève, attrape sa couche puante, la secoue contre le pilier. Il en a ras le bol. Il ne faut pas croire que c’était le Pérou avant cette journée horrible où le mari de sa mère lui a dévoilé sa honteuse origine ! Ils devaient tous se foutre de sa gueule ! Il traverse la pelouse tête basse. Parfois il fait des cauchemars. Il se réveille en sursaut et il pleure comme il faisait quand il était gosse. A cette époque, il chialait tout seul déjà, il ne sait plus pour quelle raison ni où il se trouvait.
Egaré dans ses flash-back, il est parvenu à destination, il pousse la porte de la véranda. C’est le seul endroit où on lui permet d’entrer. Quelqu’un lui laisse la cafetière branchée. Quelle bonté ! Ce matin, son vieux l’a secoué : « Plie tes affaires et barre-toi de là. Va voir si quelqu’un veut d’un fainéant comme toi !» Ce gars-là, c’est pas un paresseux, à te dégoûter de l’envie de trimer jusqu’à ton enterrement !
Il souffle sur le breuvage, les yeux dans le vague. Le dernier cadeau qu’il lui a fait, c’était pour ses dix-sept ans. La moto dont il rêvait... Il l’a vendue depuis longtemps... C’est là qu’il a dû écouter toutes ces salades. Ça lui a fait comme s’il lui apprenait rien et en même temps comme s’il lui mettait un coup de poing. Il aspire le café. Il lui a dit : « Même si je ne suis pas ton vrai père, je t’aime comme un père ». Il a pas cru à la deuxième partie de la phrase, juste la première. Il est pas con. Il a compris pourquoi son frère, il prenait des tartes et pas lui, parce qu’on s’en foutait de lui. A lui rabâcher sans cesse de prendre modèle sur le cadet, si bosseur qu’il réussirait tout ce qu’il voudrait dans la vie. Il pigeait bien ce que ça signifiait, que lui, il n’arriverait jamais à rien. C’est vrai qu’en fait il en prend bien le chemin, mais il s’en moque. « Je t’aime comme un père... », c’est doux comme un souffle sur le dos d’une coccinelle mais on s’envole pas pour autant ! Le mérite pas, d’abord, l’est qu’une loque, il se déteste. Il se lève et se tape la tête contre le crépi. Le café remonte. Si seulement au lieu de lui acheter une moto, il lui avait dit la vérité, qu’il voulait essayer de l’aimer... Des sanglots secs l’ébranlent : Papa, Papa. Instantanément, les hoquets de douleur qui l’étreignaient se transforment en rire débile, énorme. A quel papa cause-t-il ? Son vrai géniteur, sa mère veut pas lui dire qui c’est. Alors il a demandé aux gendarmes quand ils enquêtaient sur son compte. Ils ont déclaré que ça les regardait pas. Son copain Bastien, lui, il sait pour de bon. Il tient le scoop de son père. Il lui a promis de lui répéter le jour de ses vingt ans et qu’après s’être bien bourrés, ils le chercheraient ensemble. Il tâte son front égratigné. N’est qu’un lâche : n’a pas osé s’enfoncer le crâne, préfère taper sur celui des autres, salaud, va ! Ça l’arrangeait bien, la proposition de Bastien : l’était pas trop pressé de connaître l’identité de son père, un malfrat ou un mec pété de tunes qui avait mené sa mère en bateau. Il sort, il en a marre qu’on le traite de fainéant. D’abord pourquoi est-ce qu’il devrait bosser ? Est-ce qu’ils imaginent que ça le démange d’aller au turbin quand il observe son frère qui tond la pelouse pour son père, se laisse gratouiller le crâne, tend la main, range le bois derrière la maison, se laisse papouiller par sa mère, tend la main ? Lui, ça le débecte, il a choisi de se servir tout seul. De garder ses sourires pour les filles. Il prend la direction du café. C’est qu’elles se font rares les meufs ! Toutes des connes : elles en pincent pour les mecs qui tendent la main. Il arrive au bistrot, une bouffée d’espoir l’assaille malgré lui : dans quinze jours, il débute son stage de tailleur de pierre. C’est sa tante qui lui a dégoté ça. Il lui dira pas merci si c’est ce qu’elle attend, il a la haine mais brutalement, il a envie de se pelotonner dans ses bras comme quand il allait en vacances chez elle. Il se couchait après une bonne partie de pêche avec son mari, alors, elle lui lisait un conte. Comme si elle était sa maman, c’est complètement dingue ! Il s’appuie contre le platane. Il racle les écorces avec ses ongles égratignés... Il espère tout à coup. Il sent quelqu’un qui le dévisage, c’est le voisin, celui qui dit sans arrêt : « Alors, quelle est la dernière qu’il vous a faite ? » et le pire, c’est qu’on lui répond invariablement : « Tiens, si tu le veux, tu le prends, tu les verras de près ses conneries ! » Il ramasse une pierre vachement sympa de se trouver là pour l’aider à appliquer la justice : il vise un chat qui passe nonchalamment, l’atteint à la croupe. Le miaulement jaillit. Le voisin qui a tout vu se tire rapidos dans sa bagnole. Il fait un pas vers la porte du troquet et aperçoit la voiture bleue. Peut-être que c’est pas pour lui ? Deux flics descendent. C’est cuit. Il est vidé. Presque soulagé. Il se doutait qu’on allait le dénoncer pour cette foutue caisse de solidarité : il fait peur à personne. Il se rassure : tu dormiras au moins à l’abri ! Est-ce qu’il y a des scarabées en tôle ? Il les aime bien et puis quand il gamberge trop, il peut les écrabouiller encore et encore jusqu’à ce que ça ne fasse plus qu’une petite tache brune. Pourquoi ? Ils sont tout noirs pourtant au départ. Il pleure doucement dans la bagnole. C’est un mariole, OK, mais une fois qu’il a fait son coup, il faut qu’il revienne sur sa dalle brûlante ou froide, il s’en fout, pour cuver sa biture.
Le lendemain, en taule, il pète les plombs. Il tape la tête contre les barreaux, plusieurs fois. Il veut voir son père. Une infirmière lui dit qu’on l’aidera à le retrouver. Lequel ? Au repas, il se débrouille pour garder un couteau. Il en revient pas que ce soit si facile. Quand son voisin d’à côté dort, la nuit, il commence à tailler derrière les genoux mais la douleur est trop vive, ça coupe mal, il faut frotter et frotter la lame, ça saigne au-dessus du mollet mais pas assez. Il arrive plus à penser. Il a comme une grosse boule de boue dans la tête. Il n’est qu’un bon à rien, on lui a dit et redit et puis d’abord c’était pas la peine, il en est convaincu. Alors ça l’aide : « J’suis un bâtard mais pas un bon à rien ! » Il berce son buste d’avant en arrière comme un gros doryphore sur le dos. Il se console tout seul : « T’es pas un fainéant, t’arriveras à faire ton trou avant l’hiver, pleure pas, t’es un homme, pas une bestiole. » Elle le tient dans ses bras. Chut, pas faire de bruit. Il donne un bon coup sec sur le poignet. Où est-ce qu’ils vont les scarabées pour se planquer ? Ça saigne bien maintenant. Il se rallonge. Il a froid. Remonte-moi la couverture. Serre-moi un peu plus. Il gémit, raconte-moi l’histoire du... Ils ont même pas voulu que je reste avec ma petite bête... mon petit scarabée... l’histoire de mon...
Josiane Lépine, 2009.
J’en veux encore !
Des fraises du jardin inondées de rosée, j’en veux encore, des sourires d’enfants, et ce baiser tendre de mon Raymond, là, au creux de mon cou, juste derrière l’oreille, là où c’est tout chaud. Je ferme les yeux et je soupire, parce que j’en veux encore, de ça et de tout le reste. Du bon et même du moins bon. Je prends tout !
Un nuage bleu clair virevolte autour de moi. Il va et vient à toute allure. Une voix inquiète s’en échappe qui crie :
« Pronostic vital engagé ! ».
Je me dis qu’il y en a qui n’ont vraiment pas de chance. Les pauvres ! Ces porte-poisse, ces handicapés du bonheur, ceux auprès desquels il ne fait pas bon être si on ne veut pas choper toutes leurs angoisses, leurs soucis et leur misère.
« Pronostic vital engagé ! », répète la blouse bleue : tout est dit. Trois mots. Tranchants. Définitifs. Irrévocables.
« Sujet. Verbe. C.O.D », nous serinait mademoiselle Lavazay, notre institutrice du primaire.
C’était sans compter avec le jargon médical qui faute avec la syntaxe et se permet de bien nombreuses licences grammaticales.
Aller au plus vite. Au plus urgent ! Pas de verbe. Pas de phrases complètes, d’où l’impact des trois mots, comme trois petits coups de poignards, murmurés à l’oreille d’une infirmière ou balancés à la cantonade, en salle de réveil. Salle postopératoire où on te colle en attendant que tu daignes enfin t’extirper des doux bras d’une Morphée morphinomane.
Dans le meilleur des cas, tu en sors groggy, sonné, la bouche pâteuse avec une mâchoire de dix kilos. Chacun y va alors de son délire. Comme une salle hypnotisée émergeant peu à peu de la brume.
« Je veux un autre jambon-beurre », crie une frêle voix féminine à ma droite.
« Rends-moi ma mobylette, putain, je sais que c’est toi qui me l’a chourée ! », braille, d’une voix rauque un vieil homme. Les infirmières ont une capacité à éponger tout ce qui leur tombe sur la tête avec un flegme qui me sidère.
« Oui, c’est moi qui vous l’ai « chourée », je vous la rendrai dès que vous sortirez d’ici », répond-elle, pensant probablement « mon p’tit père, ta mob, elle est dans tes rêves ou bien elle doit dater de la s’conde guerre mondiale ».
Moi aussi j’en veux, des mobylettes, du jambon beurre et des fraises du jardin !
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« De l’eau. Soif ». Tiens, voilà que moi aussi je me mets à faire des phrases sans verbe. Pas le
temps de composer des phrases dignes de mademoiselle Lavazay. Je vais au plus pressé.
Mon arrière-gorge est sèche. Impossible de tousser. Je sens que j’ai un tuyau dans le nez et un autre dans la bouche. Pas étonnant que je n’arrive pas à parler.
Subitement, plusieurs nuages bleus s’agitent autour de moi. Oh, l’averse va être carabinée !
Il est question d’urgence, de défaire les pansements posés en salle d’opération, et d’allergies aux compresses à base de mélaleuca. C’est quoi ça, le mélaleuca ?
On tire violemment mon drap vers le bas. J’ai un frisson. Ai-je mon slip ? Je sens bien que quelque chose ne tourne pas rond, que les infirmières sont nerveuses et la seule pensée qui me vient est de savoir si mon intimité va être préservée, et si j’ai ou pas de slip ! C’est fou !
De pensée, ça devient idée fixe et bientôt ça vire à l’obsession. Mon royaume pour un slip ! Pas envie que tous les internes se rincent l’œil !
Mes chevilles. Blanches comme l’albâtre. Raymond adorait me les caresser en cachette, sous la table, lorsqu’étant fiancés, nous jouions au chat et à la souris.
Ah, elle est belle la souris ! Et le chat, il n’est plus là !
Mes mollets, souvent cachés par des jupes un peu longues. Pas du genre à montrer mes chairs aux passants.
Quant à mes cuisses, seul Raymond en eut la primeur. Il disait adorer mes rondeurs.
Sous le drap je cherche à tâter lentement. Je ne peux pas. J’essaie de nouveau. Pas moyen. On m’a sanglé les bras !
J’en veux encore des cuisses dodues, des caresses, du soleil sur ma peau.
« Pronostic vital engagé ! », gueule maintenant un homme.
Qu’ils s’en occupent une bonne fois pour toutes et me laissent reprendre mes esprits.
Pourquoi Diable suis-je ici ? Ah oui, le gratin, le four, l’explosion, mes jambes, les brûlures ! J’y suis.
En arrivant dans le couloir des Urgences, les ambulanciers avaient annoncé « On vous amène une G.B, stade 3 ! ».
Je ne voyais pas ce que venais faire la Grande Bretagne dans mon accident domestique.
Une propagande de mon enfance, vantant les mérites d’une pile, me revient en mémoire.
« … ne s’use que si l’on s’en sert ! ». Je murmure intérieurement « que si l’on s’en sert ».
Elles en ont fait des kilomètres mes jambes ! Jamais usées. Jamais fatiguées, ou alors si, mais
2
en silence. Juste lourdes le soir. C’est qu’il y en avait du boulot au café. Toi, Raymond derrière le comptoir, et moi, en salle.
« Cafés, jus d’oranges, blancs cas’ ».
Incessants va-et-vient, piétinements, commandes, des plateaux en équilibre instable sur mon avant-bras, au bord de la chute. Maintenant c’est moi qui suis au bord du plateau, juste au bord, fragile comme du cristal.
Je ferme les yeux, J’ai un peu honte. On vient de dégrafer ma blouse prestement. C’est le pompon ! Seins nus ! De nouveau, un frisson.
« Je t’en prie, mon Raymond, détourne un instant le regard. Tous ces jeunots penchés sur ma poitrine ! ». Encore un frisson.
C’est ça, j’en veux encore, des frissons, ta main modelant mes seins, leur donnant vie, comme un sculpteur. Je veux boire aussi. Un sirop d’orgeat servi dans un verre suintant de mille gouttelettes. De l’index, tu y dessinais un cœur. Aussitôt, ça dégoulinait le long du verre. J’en avais toujours les larmes aux yeux. Je trouvais ce jeu des éphémères dessins aquatiques stupide et tellement triste ! Tu te moquais de moi, tu souriais tendrement.
J’ai du mal à respirer. Il fait tellement froid ici. Quelle idée aussi de me dévêtir ainsi. Ils sont fous ces toubibs !
« Pronostic vital engagé ! ».
Quoi ? Le pronostic vital engagé, c’est moi ?
« Reculez ! Défibrillateur !».
Encore un frisson, plus violent que les autres.
Subitement, le silence se fait autour de moi. Insupportable et douloureux silence. Entêtant. A tout prendre, je préférais encore quand les blouses bleues gesticulaient et parlaient fort.
Un groupe d’infirmiers et de médecins se forme : cinq, sept…
Ils murmurent. Je ne parviens pas à distinguer ce qu’ils se disent. Certains prennent des notes dans un classeur posé en équilibre instable sur leur avant-bras. Ça me rappelle moi il y a quelques années, au café.
J’essaie de me tordre le cou, pour mieux y voir.
« G.B, grande brûlée, membres inférieurs, stade 3 ».
D’autres se perdent en conjecture médico-vasouillardes sur le pourquoi du comment et la quadrature du cercle ! Ça m’soûle !
Une aide-soignante, plaquée contre le mur, a planté son regard dans le mien. Vitreux et glacial.
3
Dans le coin, près de la fenêtre, deux internes, beaux garçons, sûrs d’eux et séduisants, chuchotent.
A ce petit froncement de la glabelle qui apparaissaient au front de mes enfants, petits, lorsqu’ils préparaient un mauvais coup, je sens que quelque chose s’ourdit, en catimini. Une blague de carabins, potache ou grossière. Tous les étudiants en médecine le font ! Mais là, il leur faudra une sacrée imagination pour pondre un truc drôle !
Ils s’approchent de moi et regardent mes jambes aux lambeaux suturés et aux boursouflures bouffies et carmins. Mes cuisses flasques et creusées rivalisent, dans l’horreur, avec mes mollets oedémateux sillonnés de coutures géométriques.
« Pour elle, c’est cuit ! », lance enfin l’un d’eux. Les autres, secoués de borborygmes essaient de retenir des fous rires naissants.
Aussitôt après, un rire nerveux envahit la salle de réveil.
J’en veux encore, Raymond ! De l’impertinence des jeunes et de l’irrespect inconscient. De nos fous rires sous les draps. De notre crise de rire, irrépressible, à l’enterrement de mamie Léa. J’en veux encore !
De ton baiser frais et sensuel sur mes lèvres pour me faire taire, lorsqu’au cinéma je pouffais au moment fatidique du baiser final.
C’est vrai, ici pour moi, c’est cuit, mais je viens vers toi, mon Raymond, car je meurs… d’envie de te serrer contre mon cœur.
Mathide Thomas Garcia, 2009.
L'horloge murale indiquait 16h19. Édouard Sevin sauvegarda son travail sur son ordinateur et l'éteignit. Il sortit sa télécommande de poche et mit en veille tous les appareils électriques de son bureau de travail. Ce petit bijou de technologie lui permettait même de fermer ses stores à distance, de contrôler la luminosité et la température de la pièce ou encore de mettre en route sa machine à café. A l'occasion de la nouvelle année, l'entreprise avait investi dans une entière remise à neuf de l'intégralité du matériel. Édouard enfila son manteau et quitta son bureau, dont la porte se referma automatiquement derrière lui. Il parcourut les larges couloirs bleu pâle en direction de l'ascenseur, saluant au passage quelques uns de ses collègues.
Quand il sortit du bâtiment, il pleuvait. C'était si rare à cette époque, le réchauffement climatique provoquait canicule et sécheresse à chaque été, si bien que les glaciers avaient fondu depuis bien longtemps. C'était la première fois qu'Édouard voyait de la pluie cet automne et l'été était pourtant terminé depuis deux bons mois.
Il se dirigea vers sa petite voiture bleue marine et se pressa de s'y engouffrer à cause de la pluie. C'était l'une de ces nombreuses voitures de ville écologiques très populaires que les japonais avaient exportées en Europe par centaines de milliers sitôt après la fin de la troisième guerre mondiale. Ils avaient ingénieusement inventé les moteurs hydrofonctionnels pour répondre à la pénurie de pétrole omniprésente dans le monde, excepté aux USA. La voiture était également munie de larges panneaux solaires fixés sur le toit qui se révélaient particulièrement efficaces en cette période de réchauffement climatique intensif.
Édouard entra l'adresse de l'école de ses enfants sur l'écran du tableau de bord puis se laissa guider par la conduite automatique, assurée par le GPS, les capteurs de mouvements et d'obstacles. La voiture démarra et effectua ensuite le trajet tranquillement. Arrivé à destination, le véhicule effectua un auto-créneau avant de se garer, puis la voix robotique de l'appareil annonça la fin du déplacement. M. Sevin coupa le contact.
Sur le large trottoir, une multitude d'enfants et de parents déambulaient et se retrouvaient avec, visiblement, grand enthousiasme. Des voitures autoguidées se garaient sans cesse devant l'école et d'autres repartaient. Au bout de quelques minutes d'attente, Édouard aperçut deux garçons sortir de la masse. Le premier était grand, assez mince, et ses cheveux mi-longs retombaient en bataille sur son visage. Le second, qui faisait une bonne tête de moins que l'autre, avait les cheveux courts, blonds, et sa bouille ronde lui donnait un air enfantin, naïf. Les enfants s'approchèrent puis grimpèrent dans la voiture et s'installèrent. Sitôt après avoir programmé son retour chez lui, Édouard engagea la conversation :
« Alors, les enfants, comment s'est passée votre journée d'école ?
– Bien, répondirent simplement ses fils, peu bavards.
– Qu'avez vous appris, aujourd'hui ? poursuivit leur père.
– Des mathématiques ! répondit aussitôt James, le plus jeune.
– Et toi, Nils ?
– On commence tout juste à voir les États-Unis d'Europe, en histoire, déclara l'adolescent, pensif.
– Très bien, très bien. Et, continua Édouard, qu'est ce que vous avez mangé ce midi ?
– Du poisson pané, et... des haricots verts je crois.
– Pas de viande, j'imagine ?
– Non.
– Naturellement, soupira Édouard...»
Édouard Sevin était un homme d'une cinquantaine d'années. Il faisait partit de ceux qui avaient eu la chance de connaître l'époque précédant la troisième guerre mondiale et bien d'autres guerres nucléaires. Lorsqu'il était petit, il était facilement possible de voir toutes sortes d'animaux dans des fermes, des zoos, et même de posséder un animal de compagnie. Les élevages étaient optimisés par la science et la viande ne manquait nulle part.
Malheureusement, les enchaînements d'attentats sournois, de guerres de religions et de guerres nucléaires pour les dernières ressources naturelles de la Terre ravagèrent tout en un temps record. La radioactivité se répandit sur toute la surface des continents, semant la maladie, les mutations génétiques et la mort. Les recherches et investissements financiers dans la médecine permirent de sauver la race humaine de ce fléau, mais pas les autres animaux terrestres.
Mesurant l'immensité des dégâts, chaque nation se consacra à l'écologie plus qu'à tout autre chose, mais il était trop tard. Il ne resta bientôt plus sur Terre que des humains dépendants de leurs outils de survie, des végétaux fades, génétiquement modifiés par l'homme pour qu'ils survivent, et des animaux aquatiques, que les vagues dévastatrices des radiations ne purent atteindre. Les miraculés animaux terrestres qui échappèrent au désastre demeuraient tellement rares et fragiles, qu'en cette époque critique, en manger au moins une fois dans sa vie était un véritable luxe que seuls les millionnaires pouvaient s'offrir.
Lors de son enfance, Édouard pouvait manger des plats de toutes les cultures et il était tout à fait banal de manger de la viande presque tous les jours, quelque soit son rang social. Aujourd'hui, son grand rêve était de retrouver les saveurs oubliées de son enfance et de pouvoir les faire découvrir à ses enfants.
Les pneus de la voiture crissèrent sur le gravier, puis s'arrêtèrent de tourner. Il avait cessé de pleuvoir. Édouard et ses enfants sortirent du véhicule qui se verrouilla et se dirigèrent vers l'entrée de leur maison.
C'était une grande bâtisse moderne, cylindrique, qu'Édouard avait pu s'offrir un an plus tôt, grâce à sa promotion au poste de sous-directeur. L'architecture était des plus soignées, avec un style à la nouvelle mode américaine. La porte d'entrée métallisée à ouverture digitale était encadrée de deux colonnes d'un alliage de verre et de jade, supportant un large balcon, lui aussi de verre. Les fenêtres rondes de la maison étaient des astro-fenêtres rétractables cuivrées, qui permettaient l'observation télescopique des étoiles, la nuit, tout en restant chez soi. La totalité du bâtiment circulaire était surmontée d'un immense dôme de métal, qui, en réalisé, faisait office de panneau solaire demi-sphérique alimentant toute la maison en électricité.
Édouard appliqua sa main, tous doigts dépliés, sur le panneau digital, ce qui eut pour effet d'ouvrir la porte d'entrée en la faisant coulisser verticalement. Aussitôt, James et Nils se ruèrent sur l'escalier menant à leurs chambres pour ôter leurs uniformes et se mettre en tenue décontractée. De plus en plus de pays optaient pour le système scolaire japonais qui consistait à travailler dur le matin mais à consacrer son après midi à des activités de son choix, comme le dessin, la danse, le sport ou la musique. Pour que le changement soit efficace, le système scolaire devait être le plus proche possible du système scolaire japonais, au point que même les uniformes furent adoptés.
Une odeur familière, quotidienne, même, émanait de la cuisine, mais elle était mélangée à une autre odeur inhabituelle, rarissime. Édouard entra dans la pièce et y retrouva sa femme, Stella, ainsi que sa fille de deux ans, Miki. Stella était femme au foyer, il fallait être capable de s'occuper des enfants et elle avait la chance d'avoir un mari qui gagnait bien sa vie pour pouvoir se permettre le luxe de ne pas travailler. La femme d'Édouard était plutôt petite et ses cheveux lisses d'un noir profond tombaient en cascade sur ses épaules. Elle était en train de cuisiner, comme tous les soirs, des légumes et du poisson, mais cette fois, un nouvel élément s'ajoutait au menu : de la viande.
Édouard embrassa sa femme et sa fille, puis contempla avec émerveillement le fabuleux met de légende qui finissait de cuire lentement dans la poêle. Il avait pris d'énormes risques en se procurant cette nourriture, des risques de faire de la prison et de perdre son travail si il était pris, mais Édouard estimait que le jeu en valait la chandelle et qu'il n'y avait pas de raison qu'il soit découvert. Lorsque la cuisson fut terminée, la voix crépitante du gestionnaire de cuisine annonça:
« C'est cuit! Vous pouvez désormais retirer votre plat de votre plaque chauffante. Bon appétit ! »
Stella plaça alors la nourriture dans le placard isotherme incrusté dans le mur pour conserver la chaleur en attendant l'heure du repas. Elle se mit soudain à sangloter. Sa situation n’était pas des plus misérables, loin de là, mais la mort très récente de son père aussitôt suivie de l'enterrement qui ne datait pas de plus d'une semaine l’avait profondément déprimée. Sur le moment, Édouard ne dit rien, mais il alla la réconforter dans le salon.
Pendant ce temps, leurs deux garçons redescendirent à la cuisine pour prendre leur goûter et s'occuper de Miki. Les fils Sevin avaient reçu, grâce à leur mère, une très bonne éducation et il n'y avait par conséquent aucun conflit dans la famille. Ils étaient également très responsables et s'occupaient de la maison et de leur petite sœur quand leurs parents ne le pouvaient pas.
Le soir venu, à l'heure du repas, toute la famille se rassembla autour de la grande table à service électronique et s'assit. Édouard déclara d'un ton calme :
« Les enfants, votre grand père est mort, mais votre mère et moi avons décidé de vous faire une surprise, pour vous consoler, et aussi parce que nous en avons eu l'occasion. Ce soir, les enfants, nous avons de la viande au menu ! » Puis il pressa le bouton de service.
Toute la famille poussa des petits cris d'extase devant la plateforme suspendue qui descendait du plafond et se posa doucement sur la table. Sur la plaque métallique reposait le repas
encore fumant qui avait été préparé quelques heures plus tôt. Chacun se servit alors sur le plateau
central, comme à son habitude, mais dégusta pendant très longtemps sa part. Ce fut une découverte exceptionnelle pour les fils Sevin, qui les marqua d'ailleurs à vie, mais une redécouverte et des souvenirs d'enfance pour leurs parents. Tout le monde était fier d'Édouard et le félicita. Durant toute la durée de l'extraordinaire festin, chacun, à l'exception de Miki, bien entendu, s'affairait à savourer l'incroyable nourriture, et le moment n'était ponctué que de quelques : « C'est super bon ! » ou encore de : « Où as-tu pu trouver ça, papa ? » Mais Édouard semblait bien résolu à garder le silence, il était satisfait et fier du résultat, tous les pères n'offraient pas ça à leurs enfants, mais il ne l'était pas de la façon dont il s'était procuré la marchandise.
La soirée fut joyeuse et animée, si bien que tout le monde en oublia la mort du grand père, et la famille Sevin alla jusqu'à s'offrir une sortie au Robotechnology Park. Le parc en question était une reconstitution de ville grandeur nature, où l'on pouvait vivre entièrement avec des robots et établir des relations avec eux, s'en faire des amis ou des ennemis... Les armures robotiques distribuées à l'entrée permettaient de voler, de respirer sous l'eau, et offraient bien d'autres possibilités surhumaines.
A partir de là, la vie des Sevin fut bouleversée pendant une courte semaine, car Édouard s'était procuré de quoi faire plusieurs repas de charcuterie d'un coup. Il refusait toujours de dévoiler à ses enfants la façon dont il se l'était procurée, mais chaque soir, ils mangeaient de la viande et elle était toujours cuisinée différemment. C'était peut être la dernière fois de leur vie qu'ils auraient l'occasion d'en manger et il fallait donc la découvrir sous le plus de formes possibles. Tous les jours, juste après avoir ramené ses enfants de l'école, Édouard Sevin descendait dans la cave souterraine de la maison pour y prélever un morceau de viande sur le corps du défunt animal. Puis, il le mettait dans la cuisine où Stella faisait à manger, avant d'aller se scotcher devant le téléviseur holographique, en attendant que le repas soit prêt.
Malheureusement, en fin de semaine, ce qui devait arriver arriva. Comme à l'habitude, Stella appela son mari à l'aide d'un bouton dans la cuisine qui sonnait l'heure de manger dans toutes les pièces de la maison sans exception. Édouard ne vint pas. Elle pressa le bouton une seconde fois. Comme Édouard ne venait toujours pas, Stella envoya Nils le chercher pendant qu'elle servait le repas dans les assiettes. Elle s'installa et attendit, mais Nils et Édouard ne revenaient toujours pas. Elle commença à s'inquiéter sérieusement. Puis, au bout de quelques minutes, elle prit Miki dans ses bras et ordonna à James de la suivre. Ils quittèrent la salle à manger, traversèrent le home cinéma, la salle de repos, passèrent devant le bureau, traversèrent un dernier couloir puis s'arrêtèrent net. Son fils aîné n'avait pas pénétré dans le salon et s'était tu pour que son père ne l'entende pas. La porte grande ouverte permettait de distinguer Édouard dans l'obscurité. Il était livide, pétrifié sur son fauteuil en cuir synthétique vert pomme, raide, horrifié. À quelques mètres devant lui se trouvait le téléviseur holographique, pas plus épais qu'une feuille de papier, sur lequel étaient diffusées les informations de la semaine. Sur l'image, une journaliste située au premier plan parlait de crime inhumain, d'enquête policière qui se montrait fructueuse, et elle évoquait l'hypothèse de l'anthropophagie, du cannibalisme. Les fils Sevin comprirent alors d'où provenait le cadeau de leur père : au second plan, des policiers en uniforme s'affairaient autour d'une tombe réouverte dont le corps et le cercueil avaient disparu.
C'était la tombe du grand père, Damien Sevin, récemment décédé, enterré, puis déterré.
Basile Leroux, octobre 2009.
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